Dans le plus grand de tous les classiques du monde de la BD, un certain Tintin se retrouve régulièrement dans le désert. Dans le Crabe aux pinces d’or par exemple, on se souvient du capitaine Haddock qui confond Tintin avec une bouteille de champagne. Dans le pays de l’or noir, on se souvient aussi des Dupondt qui tournent en rond dans le désert.
Ils ont chaud, ils sont fatigués, et souvent ils ne passent pas loin de la mort.
Notre vie spirituelle peut être un peu pareille, et on galère à avancer… C’est dans ce sens que Jésus peut nous voir et nous invite à aller à lui. Il est un peu comme notre oasis dans le désert du monde, il est notre guide dans ce désert pour aller vers la ville de la Jérusalem céleste.
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » Tous, nous avons des fardeaux : des soucis, des questions, des tensions, des anxiétés, etc. Mais les plus gros fardeaux que nous avons sont les péchés que nous commettons. Déposons nos soucis aux pieds du Christ, nos péchés sur la croix dans le sacrement de la confession ; et comme on peut l’entendre dans un psaume, « décharge ton fardeau sur le Seigneur : il prendra soin de toi. »
Saint Jean Chrysostome, ancien évêque de Constantinople, reformule les paroles de Jésus : « Venez, vous tous qui vivez dans l’anxiété, dans la tristesse, dans le péché ; venez, non pour recevoir le châtiment de vos péchés, mais pour en être délivrés ; venez, non pas que j’aie besoin de la gloire que vous pouvez me procurer, mais parce que je veux votre salut. »
« Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. » Le Christ nous invite à prendre son Évangile sur nous, à le lire, l’écouter et l’appliquer. Même si ça peut être difficile, crucifiant, ou laborieux, Jésus nous encourage sur cette voie. Allons déposer nos fardeaux, prenons son joug, ça vaut le coup. D’abord parce qu’il est à côté de nous pour porter également le joug, ensuite parce qu’il est doux et humble de cœur, et enfin car il nous promet le repos pour notre âme.
Le Christ ne veut pas asservir, ou montrer son autorité écrasante en montrant qu’il est le chef. Il est doux et humble, il aime. Même si nos problèmes ne sont pas réglés par magie, même si nos soucis restent présents, Lui nous promet le repos pour notre âme, une paix qui n’est pas humaine mais divine.
Cette paix peut être plus ou moins sensible selon ce qu’on vit, selon ce qu’on est. Il y a un endroit souvent où l’on vit cette expérience, c’est à la confession. Un repos un peu surnaturel peut nous envahir, où on se sent libéré de nos péchés. Vivons régulièrement la confession, une fois par mois, pour garder notre âme en paix. Nettoyons régulièrement notre âme comme on nettoie régulièrement les pièces de nos maisons.
« Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » Saint Augustin disait que « l’amour rend facile et réduit presque à rien ce qu’il y a de plus terrible et de plus affreux. Combien plus sera-t-il donc vrai de dire que la charité rend facile le chemin qui conduit au vrai bonheur, lorsque la cupidité rend facile autant qu’elle le peut celui qui n’aboutit qu’à la misère ? »
Ce joug et ce fardeau christiques nous encouragent à projeter notre cœur au Ciel, où Jésus nous a donné par ces paroles un pressentiment du bonheur que lui seul a vu dans le sein du Père.
D’une certaine manière, c’est ce qu’a fait la Sainte Vierge. « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Même si elle n’avait pas le fardeau du péché, elle pouvait vivre une certaine inquiétude quant à l’annonce de l’ange : devenir la mère de Dieu, ce n’est pas rien. Alors elle a déposé toute sa volonté dans les mains du Seigneur.
Eh bien nous aussi, à la suite de Marie, nous pouvons déposer nos fardeaux dans ce cœur doux et humble, et redire avec elle « que TOUT m’advienne selon ta parole. »
Abbé Vincent du Roure

