« Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. »
Aujourd’hui nous célébrons l’Ascension du Seigneur. Une fête essentielle dans notre vie de foi. Par cette fête, nous exaltons le Christ qui fait entrer l’humanité toute entière dans le Ciel, auprès de son Père. Notre humanité est exaltée dans la gloire et y reste.
Certes, Jésus s’est éloigné de ses apôtres qui ne le voient plus. Mais cet éloignement physique est un rapprochement spirituel. C’est le signe que commence un autre temps, celui de l’Église et des sacrements. C’est le temps où les vertus théologales peuvent pleinement se déployer :
- La foi qui est le moyen de s’unir à Dieu.
- L’espérance de suivre le Christ auprès de Dieu.
- La charité qui nous fait aimer au-delà de l’immédiateté.
L’Ascension est une grande fête qui est liée avec un autre aspect que l’on regarde moins en général : ce qu’on appelle la session à la droite, « il est assis à la droite du Père. »
Réécoutons ce que dit St Paul dans la 2ème lecture : « il l’a fait asseoir à sa droite dans les cieux. Il l’a établi au-dessus de tout être céleste : Principauté, Souveraineté, au-dessus de tout nom que l’on puisse nommer, non seulement dans le monde présent mais aussi dans le monde à venir. Il a tout mis sous ses pieds et, le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Église qui est son corps, et l’Église, c’est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude. »
Siéger, ça veut dire avoir le pouvoir, une autorité judiciaire et royale. Le Christ est Seigneur là-haut dans le Ciel, donc aussi dans nos vies, dans nos âmes. C’est lui qui nous juge maintenant et qui nous jugera à la fin des temps. Dans l’évangile, on a entendu Jésus dire « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. »
Alors je voudrais un peu m’attarder sur ce mot de « jugement ». Le jugement est d’abord sauveur, c’est un jugement qui justifie. Dieu ne veut pas d’abord nous condamner, mais nous justifier par sa justice divine. Jésus, assis à la droite du Père, rend justice. Mais cette justice divine n’est pas une peur, c’est une espérance pour nous : c’est par là qu’il nous offre l’accès au Ciel.
Le jugement de Dieu qui est sauveur est aussi un jugement de condamnation à cause de la non-pénitence du pécheur, un peu comme si Dieu condamnait à regret en respectant totalement notre liberté, même dans le refus.
Donc Jésus siège là-haut dans le Ciel pour juger le monde. Mais il a un désir, qu’il ne veut pas accomplir de sa seule autorité. C’est siéger dans nos âmes. L’amour de Dieu implique de nous laisser libres de l’accueillir.
Si je combinais les lectures de ce jour, on pourrait mettre ces paroles dans la bouche de Jésus.
« Je suis monté au Ciel, auprès de mon Père. Désormais, je suis Médiateur entre Dieu et les hommes, Juge du monde et Seigneur de l’univers.
Mais par cette montée, je te demande plusieurs choses. D’abord, accueille l’Esprit-Saint qui continue mon œuvre de salut, ouvre ton âme. Je veux que tu le reçoives comme une force, non pas pour lutter de manière terrestre, mais pour témoigner, dans le monde entier. Je veux que tu me loues car je suis le seul chemin pour aller à Dieu.
Certes, je trône au-dessus de tout être céleste, pour tous les âges, mais je veux aussi trôner dans ton âme, pour que tu te laisses guider. Je veux que tu te laisses guider par l’Église que j’ai instituée, dont je suis la tête. Je veux par là te donner la sagesse.
Je suis monté, je trône, et je te demande d’aller, de faire des disciples, d’amener des âmes au baptême, de leur apprendre ce que j’ai enseigné.
Est-ce que tu l’acceptes ? »
Abbé Vincent du Roure

