Une flamme tremblotante a traversé l’épaisseur des mondes. » (Péguy)
Au cœur de la Nuit de Pâques, une flamme est prise pour allumer le Cierge Pascal. Bien modeste dans l’immensité de la nuit, cette flamme sera transmise aux fidèles présents, aux baptisés de Pâques et de l’année, aux jeunes qui font leur profession de foi. Elle allumera aussi la bougie placée sur le cercueil des défunts lors des obsèques. Cette flamme éclairera la vie, la mort, l’ordinaire et l’extraordinaire de nos existences. Cette flamme devient le symbole de l’Espérance des Chrétiens. Une petite flamme annonce le plus grand renversement de l’histoire de l’humanité, la victoire de Jésus sur la mort.
Face à nos défis personnels et à ceux de notre époque, les précarités, la fragilité de la paix, ou plutôt, la force de la guerre et de l’esprit de conflit, les Chrétiens sont les porteurs de cette espérance formidable.
Dans la mort du Christ, il y a tous ces affronts de l’adversité, tous les échecs et toutes les lâchetés qui font le malheur des hommes. La mort du Christ est le constat de la faillite de notre humanité. Par la résurrection du Christ, la mort et, avec elle, toutes ces faillites sont désormais vaincues.
Les premiers témoins de la résurrection n’ont pas seulement parlé : ils ont été transformés intérieurement, adoptant une manière d’être renouvelée, habitée par la vie du Ressuscité. De même, aujourd’hui, cette flamme invite chaque croyant à une transformation personnelle. Il ne s’agit pas d’attendre un changement extérieur du monde mais de se laisser transformer par cette espérance.
La résurrection est concrète : aimer sans attendre en retour, reconnaître en chacun un frère, pratiquer le pardon et la réconciliation. Chacun de ces gestes participe à la dynamique de vie nouvelle.
Ainsi, le Mystère pascal agit au cœur des personnes pour les transformer et porter au monde l’espérance du salut.
Père Vincent Gallois

