Il y a du monde dans cet évangile…
Il y a les disciples. Ils ont peur pour Jésus. Celui-ci veut retourner en Judée alors que les juifs veulent le lapider. On pourrait dire qu’il est normal qu’ils aient peur, mais non. Jésus a dit de ne pas craindre ceux qui tuent le corps. Jésus doit aller à Jérusalem pour son ami, et pour vivre sa Passion. Les disciples continuent de parler et ne comprennent pas. Et puis il y a Thomas qui veut aller mourir avec Jésus. Il a un grand cœur, mais lors de la Passion, il ne s’appuiera pas sur la grâce mais sur ses propres forces. Il prendra la fuite.
Il y a Marthe. Elle est la 1ère à aller auprès de Jésus. Elle est une sainte de l’action. Marthe croit en Jésus, elle lui redit son amour, elle lui dit sa foi en la résurrection. Mais elle a un pas en plus à faire dans sa foi. Jésus est la Résurrection et la Vie, mais elle a du mal à croire qu’il peut ressusciter un mort aujourd’hui. Marthe pose un acte de foi, même si elle ne comprend pas tout : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Il y a Marie. Elle apprend que Jésus n’est pas loin, alors elle court à sa rencontre. Elle a oint Jésus. Elle a été pardonnée parce qu’elle a montré beaucoup d’amour. Elle dit les mêmes paroles que sa sœur, mais peut-être avec plus d’amour que Marthe, le même qu’elle avait lorsqu’elle a demandé pardon. Et Jésus est pris d’émotion en voyant son amour. Elle fait en sorte que Jésus aille au tombeau.
Il y a les juifs qui entourent la famille. Ils ont entouré, ils ont pleuré avec les 2 sœurs. Ils voient Jésus pleurer. Et c’est uniquement au moment où Jésus pleure qu’ils disent « Voyez comme il l’aimait ! » Les larmes sont signes d’amour. D’autres sont attristés : ce qu’il a fait de bien à des inconnus, pourquoi il ne l’a pas fait pour son ami ?
Il y a à nouveau Marthe qui n’arrive pas à croire. Jésus, dans sa patience, insiste auprès d’elle : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
Et puis il y a Lazare. Il était mort depuis 4 jours. 1 jour de plus que le temps que Jésus a passé au tombeau. C’est comme si Dieu nous disait que la mort n’a plus de pouvoir. Lui est resté 3 jours au tombeau, mais même s’il y a un jour de plus, la mort n’est pas maîtresse : c’est Dieu le maître de la vie. Lazare qui entend l’appel de Jésus, son ami, son Dieu. Lazare qui est uni à la mort du Christ, qui était au tombeau, qui est entouré de bandelettes, et son visage dans un suaire.
Il y a les juifs, beaucoup de juifs qui étaient venus auprès de Marie. Ils virent et ils crurent. Devant un tel signe, comment ne pas croire en Jésus ? Lui qui a ressuscité littéralement un mort, il peut aussi ressusciter nos âmes mourantes à cause du péché. Lui qui a ressuscité un mort, il peut nous donner son pardon.
Et enfin, il y a Jésus. Il apprend la maladie, il reste sur place. Il sait que Lazare est mort. Il rencontre ses amis, il donne la foi, il donne l’espérance, il fait grandir l’amour. Il pleure son ami mort, signe qu’il l’aime. Il rend grâce à son Père qui exauce sa prière. Il appelle Lazare par son nom, il donne la vie.
Et toi ? Et moi ? Hors de Jésus, qui sommes-nous dans cet évangile ?
Abbé Vincent du Roure

