On pourrait dire que le sel a 2 propriétés, qui étaient présentes à l’époque et qui le sont encore aujourd’hui. D’abord, il donne du goût aux aliments, puis dans un 2nd temps il conserve.
Le Christ nous enseigne aujourd’hui que nous sommes le sel de la terre. Alors nous sommes appelés à donner du goût au monde et à conserver l’Évangile. Mais bon, Jésus veut nous éviter tout orgueil, alors il nous met en garde. « Mais si le sel devient fade ».
Il y a un paradoxe, un sel ne peut pas devenir fade. Par définition, ce qui est fade n’est pas salé, et le sel lui est bien salé. Il y a donc quelque chose qui cloche. Mais c’est ce qui peut nous arriver aussi.
Un chrétien qui ne vit pas de charité est un paradoxe lui aussi. Un chrétien qui ne garde pas l’enseignement de l’Église dans son cœur est un paradoxe.
Le sel donne du goût, et un chrétien qui n’a pas de joie, qui est blasé, qui n’annonce pas l’Évangile est un chrétien tiède, sans saveur. Alors en effet, il ne vaut plus rien. Et les tièdes, il faudrait qu’on relise ce que Dieu dit à l’Église de Laodicée dans l’Apocalypse pour savoir ce qu’ils deviennent…
Un chrétien qui ne conserve pas l’Évangile dans son cœur, ainsi que tous les enseignements de l’Église, est de manière similaire paradoxal. Peut-être avons-nous plus de mal avec tel ou tel enseignement (par exemple la résurrection, le purgatoire, le mariage), mais nous devons faire un acte de foi, en demandant de l’aide à Dieu. Le père d’un enfant malade dans l’évangile selon saint Marc dit cette phrase : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! »
Alors soyons du sel en gardant la foi que nous a donnée l’Église dans sa totalité, et en étant charitable envers les autres, en les aimant. Soyons du sel, vivons l’amour de Dieu. Alors comme le dit St Paul aux Corinthiens, soyons patients, rendons service, ne jalousons pas, ne nous vantons pas, ne nous gonflons pas d’orgueil. Un chrétien véritablement salé ne fait rien d’inconvenant ; ne cherche pas son intérêt ; ne s’emporte pas ; n’entretient pas de rancune ; ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais trouve sa joie dans ce qui est vrai ; il supporte tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout. Voilà notre programme de sel de la terre.
Ensuite Jésus nous dit que nous sommes la lumière du monde. Alors, peut-être que nous éclairons en effet, mais nous ne sommes pas la source de la lumière. Nous ne devons pas éclairer par nous-mêmes. C’est le Christ qui est la lumière en nous, et c’est lui que nous devons montrer.
D’ailleurs, Jésus précise de suite en disant que nous sommes une lampe. La lumière qui brille, c’est le Christ en nous.
L’important n’est pas la lampe, mais la lumière. Ne privilégions pas la lampe sur la lumière. Et de manière très concrète, ça peut être nos préférences, notre amour propre qui peut passer en 1er. Pourtant cet amour propre c’est l’ennemi n°1 de Thérèse de Lisieux.
Par exemple, utiliser la liturgie et la messe pour imposer ma préférence, quitte à m’éloigner de la liturgie donnée par l’Église. Par exemple, mettre trop d’importance sur nos habits et le paraître, et cacher Dieu en nous. Par exemple, faire des choix qui vont contre ce qu’enseigne l’Église de manière générale.
Nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde. Alors, aimons ce monde qui nous entoure, gardons les enseignements de l’Église, et laissons notre amour propre de côté pour laisser Jésus illuminer à travers nous.
Saint Josémaria Escriva disait : « Comme le Maître le veut, tu dois être sel et lumière, immergé dans ce monde où il nous est donné de vivre, et dans toutes les activités des hommes. —Lumière qui illumine les intelligences et les cœurs, sel qui donne la saveur et préserve de la corruption. C’est pourquoi si tu manques de zèle apostolique, tu deviendras insipide et inutile, tu frustreras les autres, et ta vie deviendra absurde. »
« Alors, voyant ce que vous faites de bien, [les hommes] rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » N’oublions pas la fin, les hommes doivent rendre gloire à Dieu, pas à nous, pas à notre curé, pas à notre pastorale, pas à notre clocher. Rendre gloire à Dieu seul !
Abbé Vincent du Roure

