Chanter un chant nouveau
Pour 2026, je formule le vœu que nous prenions conscience que nous ne parlons pas tous la même langue.
Les hommes et les femmes savent qu’ils ne disent pas la même chose en employant les mêmes mots et tout l’art conjugal est d’apprendre la grammaire de l’autre. Les régionalismes existent aussi (chocolatine ou pain au chocolat).
Dans notre communauté, il convient encore de prendre conscience que le langage a une histoire et forme diverses communautés selon le degré d’initiation. Je me souviens de deux jumelles demandant le baptême à qui j’avais donné rendez-vous « au presbytère ». Elles ont dû chercher dans le dictionnaire la définition du mot. Nos évidences ne sont pas celles de tout le monde.
Dans l’effort d’intégration des nombreux catéchumènes, un lexique paroissial s’est mis en place qui doit dire la joie que leur venue suscite et la tradition dans laquelle ils s’inscrivent. On les appelle « Saul » en référence à celui qui deviendra St Paul après sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas. C’est dire aussi l’espérance que nous avons dans leur démarche. Les catéchistes qui vont les accompagner sont des « Ananie » du nom de celui qui baptisa Saul. Enfin, les accompagnateurs personnels sont désignés comme « Barnabé » pour signaler leur mission d’intégrer à la communauté, comme Barnabé le fit quand il présenta St Paul aux Apôtres (cf. Actes IX).
Les nouveaux venus que le Seigneur agrège à son Église apportent une fraicheur d’expression qui vient stimuler notre communauté et interroger son langage et ses habitudes. La communauté qui les accueille porte une irremplaçable expérience du Christ qu’elle doit leur traduire. De l’attention que se porteront les uns et les autres naîtra l’unité d’un chant nouveau.
Bonne et sainte année.
Père Vincent Gallois

