Il n’y a qu’un seul moyen pour aller à Dieu. Il y a un seul médiateur entre Dieu et nous. Ce médiateur, ce n’est pas l’Esprit-Saint, ce n’est pas la Vierge Marie, pas St Antoine de Padoue, c’est le Christ, le Fils unique et éternel du Père.
À propos de Fils, je pense qu’on peut voir le fils prodigue de 2 manières : comme chacun de nous, mais aussi comme le Fils éternel dans son Incarnation. Ce fils prodigue est Jésus lui-même qui s’éloigne et retourne au Père. Comme dit St Paul, Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ. Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a, pour nous, identifié au péché.
C’est aussi la lettre de St Paul aux philippiens qu’on a pu entendre hier à la journée des serviteurs : « il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. »
Jésus a pris sur lui notre condition, et aussi le fait que nous nous soyons éloignés du Père. Le Fils unique est parti pour un pays lointain en devenant homme, car le Ciel et la Terre sont éloignés. On pourrait dire qu’il a mené une vie de désordre car notre humanité vivait cette vie-là, et il s’est uni à nous. Saint Paul nous dit que le Christ a été identifié au péché. C’est une parole forte.
Une famine survint. Jésus a faim de son Père, comme nous, il a ce sentiment que rien en ce monde ne peut satisfaire sa faim. Seul Dieu son Père peut nourrir véritablement.
Jésus est envoyé dans le champ du monde pour garder les porcs. Jésus a pris pour nous la dernière place, la place du plus grand pécheur. Il s’est anéanti jusqu’au bout, jusque dans le péché et jusqu’à la mort de la croix, le summum de l’identification au péché. C’est ainsi qu’il est arrivé à la 1ère place. En devenant le dernier homme, il est devenu le 1er dans toute l’humanité.
Jésus entre en lui-même, et va faire, au nom de toute l’humanité, en notre nom à chacun ce retour au Père. C’est lui qui va faire le chemin du retour et va nous ramener à l’obéissance filiale pour retourner dans la grâce.
Jésus, sans être pécheur, s’est identifié au péché, alors c’est lui qui dit les paroles de repentir. Et le Père de toute éternité accueille le Fils éternel dans son humanité. Le Père ainsi accueille toute l’humanité. Il redonne à l’humanité en son Fils la dignité totale, et même une plus grande encore. Pour reprendre la lettre de St Paul aux philippiens, « C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom ».
Jésus le Fils est mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé. C’est toute notre humanité qui est présente ici dans la personne du Verbe. Nous étions morts et le Père nous a redonné la vie par son Fils Jésus Christ.
Dans cette parabole, le Fils reçoit les attributs du Père : il est l’égal du Père. Nous aussi, par Jésus Christ, nous devenons Dieu, nous sommes divinisés ! Notre Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu selon un chant de communion, reprenant St Irénée de Lyon.
Ensuite, on a le fils aîné. Lui ne peut pas être identifié à Jésus car certes il est dans la maison du Père, mais sans amour. Une personne qui ne vit pas loin de Dieu mais qui est sans amour, finalement n’est pas avec Dieu. Ce serait plutôt l’opposé total : ce qu’on appelle l’enfer. On voit ici tout ce qui est lié à cet état : orgueil, colère, jalousie, haine, animosité.
Alors aujourd’hui, vivons en Dieu. Vivons par Jésus Christ qui nous a réconcilié avec son Père. « Si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né. […] Celui qui n’a pas connu le péché, Dieu l’a, pour nous, identifié au péché, afin qu’en lui nous devenions justes de la justice même de Dieu. »
Abbé Vincent du Roure