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Edito décembre 2018 : Un Sauveur nous est né !

Edito décembre 2018 : Un Sauveur nous est né !

Un Sauveur nous est né !

Le renouvellement du cycle liturgique va nous faire entrer dans le temps de l’Avent. Il nous rend attentifs à la triple venue du Christ : à Noël dans le sein de la Vierge. A la fin des temps, dans la gloire. Chaque jour dans nos frères et sœurs à aimer, servir, accueillir.
C’est dans ces trois venues du Seigneur, que retentit du fond des siècles la voix du prophète Isaïe (9, 5) : « Un sauveur nous est né, un fils nous est donné. »
Un sauveur ! Un seul et pour tous ! Jésus est bien le Messie promis à Israël, mais aussi le sauveur de toutes les nations, comme le révèlera la venue des mages. Par son incarnation, le Verbe de Dieu s’est uni à chaque personne humaine, pour faire accéder à l’éternel bonheur de Dieu notre âme et notre corps, notre esprit, notre histoire personnelle et collective. En Lui tout ce qui est humain reçoit son accomplissement définitif.
De quoi nous sauve-t-il ? De la mort, bien sûr, dont il fait en quelque sorte la naissance à notre véritable condition, pour toujours dans le bonheur de Dieu. De la fascination pour tout ce qui nous réduit, nous limite, nous rend étranger à nous-mêmes en nous divisant intérieurement et entre nous, c’est à dire le péché. D’une vie recroquevillée et rabougrie sur l’horizon étroit qui sépare le berceau de la tombe, dépourvue de sens, de perspective et de véritable avenir.
Comment cela peut-il se faire, pour reprendre la question de la Vierge Marie à l’ange de l’annonciation ? Tout simplement par contact. La deuxième Personne de la Sainte Trinité, la Parole éternelle de Dieu sort de son silence pour devenir un de l’humanité, semblable à nous en toute chose à l’exception du péché. Quand Il prend chair de la Vierge Marie et se fait homme, notre fragilité devenue sienne reçoit force divine. Notre finitude son éternité. Notre égoïsme et notre repli sur nous-même sa réalité de frère universel, d’homme pour les autres, parfaitement tourné vers tous comme éternellement tourné vers le Père, avec qui Il ne fait qu’un dans l’Esprit. En lui, par cette union des natures humaine et divine dans son unique personne de Verbe de Dieu Incarné, tout est unifié, dans l’infini respect de la particularité de chaque personne, en un seul corps. Ce qui commence dans la nuit de Bethléem s’accomplira au matin de
Pâques.
Tout est fait…mais tout reste à accueillir par nous ! L’enfant nous est donné à faire grandir en nous, à nous apprivoiser à sa condition. En Marie, la divinité a pris chair pour que, à notre tour, dans notre chair, nous recevions la « divinisation », terme que la théologie des Pères grecs préfère au salut de la théologie latine. Irénée osera écrire : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit fait Dieu ». L’Esprit Saint qui réalise l’incarnation en Marie est celui qui réalise en nous, depuis notre baptême et notre confirmation, la même œuvre d’union. Dieu ne nous unira pas à Lui sans notre participation active. Nous sommes ainsi responsables pour la part qui nous revient de la réussite de ce qui commence à Noël.

Au travail !

                                                                                                                                 Abbé Jean-Jacques Rouchi
                                                                                                                                 Prêtre référent ND de La Dalbade