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Ce n’est qu’un au revoir mon frère !

Ce n’est qu’un au revoir mon frère !

En deux ans, une communauté change, elle connaît de nombreuses mutations, cela est vrai pour une communauté humaine, combien plus vrai pour une communauté mû par l’Esprit Saint. Ajoutons que lorsqu’une communauté se transforme, ses membres nécessairement grandissent. C’est dans une telle paroisse que j’ai grandi deux ans durant. Aussi, à la fin de ma « mission », s’impose une relecture, un regard jeté vers le passé, et un regard jeté vers le Ciel… un temps pour rendre grâce au Seigneur, pour ce qu’il a fait ici, et en moi : pour les rencontres, les regards bienveillants de grands frères et grandes sœurs qui ont eu à cœur la formation d’un séminariste, pour les amitiés liées, pour les sourires, les mots d’encouragement, pour la confiance des prêtres, la paternité du pasteur, la fraternité de ses confrères ; pour le soutien par la prière de tant de familles et d’amis.

Deux ans m’ont été offerte par le Seigneur ici, pour que mon cœur s’élargisse aux dimensions d’une paroisse, pour que de plus en plus le cœur de l’aspirant au sacerdoce ministériel soit semblable à celui de son Seigneur qui donne sa vie pour ceux qu’Il aime. Si je suis encore loin de cet idéal de sainteté, j’ai la certitude que le Seigneur a travaillé mon âme durant ces 24 mois par la découverte de celui que je suis, de mes charismes et mes talents, de mes limites et mes pauvretés.

Les années qui s’ouvrent désormais m’offrent un temps d’approfondissement de tout ce que j’ai découvert et reçu à vos côtés. Avant d’entrer au séminaire, j’ai pris conscience de la grandeur de la vocation baptismale, et j’en suis tombé amoureux ; cela n’a fait que motiver ma réponse à l’appel du Seigneur à Le suivre Lui (d’une manière particulière), et à servir les baptisés. Ces deux ans n’ont fait qu’approfondir cet amour, et m’ont permis de porter plus loin ma réflexion : notre vocation à la sainteté ne portera du fruit que dans la mesure où nous l’entretenons dans une communauté amicale, familiale, et « métafamiliale » qu’est la paroisse : famille de famille (Amoris Laetitia). Si la vie quotidienne est le lieu de la mission, je crois que la communauté lui sert de fondations, elle doit apporter l’enthousiasme de l’évangélisation, dans la ferme volonté d’être chaque jour davantage disciple de Jésus-Christ, car on ne peut pas être missionnaire sans être disciple, ni disciple sans communauté. La paroisse n’a donc pas sa fin en elle-même, mais elle est un formidable moyen qui doit constamment évoluer pour servir notre sainteté et l’annonce de l’Evangile.

Je ne mesure pas encore la chance d’avoir participé à la vie d’une paroisse qui se transforme dans ses structures, laissant toujours plus de place à l’action de l’Esprit Saint ; aux charismes de chacun ; d’une paroisse qui s’enthousiasme, qui prie et loue son Maître et Seigneur, qui apprend, qui sort aux périphéries.

J’avoue avoir la gorge nouée en écrivant ces quelques lignes, car la relecture s’accompagne des adieux, et des remerciements, que je tiens à vous adresser: à l’Archi-Frat, aux Servants d’Autel et servantes de l’Assemblée, aux groupes d’aumôneries, aux Guides et Scouts de France, à tous ces enfants qui couraient dans le déambulatoire pendant la Messe, ceux qui pleuraient, ceux qui riaient, à ceux qui priaient autour de leur curé et de Notre Dame à Garaison, à ceux qui sont partis, et ceux qui sont arrivés, … à nouveau, un regard jeté vers le Ciel pour rendre grâce à Dieu.

Antoine Laviale

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