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L’espérance – Homélie 6ème dimanche du temps pascal

L’espérance – Homélie 6ème dimanche du temps pascal

De quoi avons nous besoin en ce temps? Qu’est ce que nous espérons? Nous avons besoin de sortir de chez nous, nous avons besoin de retourner travailler, nous avons besoin de pouvoir faire plus de 1km, nous avons besoin d’un vaccin contre ce virus, nous avons certainement besoin de nous retrouver tous ensemble pour célébrer la messe et chacun de ces besoins sont bons et certainement nécessaire, même s’ils ne sont pas tous aussi essentiels les uns que les autres.

Mais enfin, une fois que nous serons retourné travailler,

Une fois que nous aurons trouvé ce vaccin,

Une fois que nous pourrons retourner dans les pyrénées ou vers l’océan,

Une fois que le top 14 aura repris,

une fois que nous pourrons nous réunir pour diner avec nos amis,

Une fois que nous pourrons éteindre cette pauvre caméra et célébrer la messe tous ensemble,

Est ce que nous serons comblés? 

Non, j’entends une autre soif, une autre attente chez vous, chez nos contemporains, il y a au fond de nos coeur une autre attente plus profonde, je crois que notre monde a besoin de plus, je crois que notre monde attend autre chose, je crois que notre monde a besoin d’espérance 

D’une autre espérance que ces petites espérances 

Or cette espérance c’est nous mes frères qui en sommes dépositaires, vous avez entendu saint pierre « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous »

Cette espérance elle est en nous depuis le jour de notre baptême, ça veut dire que cette espérance n’est pas d’abord au bout de nos efforts, elle est un don, un don de Dieu.  

Oui mais qu’est ce que cette espérance au juste?  

Qu’est ce que l’espérance chrétienne 

Qu’est ce que vous espérez?

Qu’est ce qu’espère nos contemporains

En quoi avons nous placé notre espérance 

Dans la science

Dans la médecine, le progrès 

Dans nos politiques

Nous attendons la santé plus que la sainteté

Nous espérons la précaution plus que le risque

Nous espérons la sécurité plus que la liberté 

Quand nous mettons notre espérance en eux nous sommes toujours déçus 

Notre esperance est triple 

Qu’est ce que nous attendons, d’être sauvé mais ce n’est pas la science qui nous sauve, ce n’est pas l’argent qui sauve l’homme, ce n’est pas le progrès technique qui sauve l’homme, L’homme est sauvé par l’amour. 

Nous ne sommes pas fait pour l’argent (même s’il en faut), nous ne sommes pas fait pour manger (même s’il est mieux de se nourrir), nous ne sommes pas fait pour nous divertir (même si une victoire du stade fait du bien) 

Nous sentons, nous savons, même confusément que nous sommes fait pour l’amour, notre espérance est là: aimer et être aimé, nous en faisons déjà l’expérience dans nos amours humaines, mais ils sont parfois fragiles, blessés, décevant (il en va ainsi de tout ce qui est humain) nous espérons être sauvé par l’amour, notre esperance est de découvrir que cet amour a une source intarissable, une source à laquelle nous pouvons nous abreuver, une source qui jaillit de la croix, une source qui jaillit du coeur de Dieu, car notre Dieu est amour

Nous espérons que la victoire du christ est notre victoire, que la résurrection n’est pas seulement un événement qui a eu lieu il y a deux milles ans et qui n’aurait aucune conséquence pour nous. 

La résurrection est un événement qui dure, un évènement qui transforme tout les coeurs qui croient en Jésus Christ aujourd’hui, la résurrection est la victoire pour tout ceux qui se rangent sous l’étendard du Christ, alors bien sur ils nous restent à combattre (il y aurait d’ailleurs quelque chose d’étrange à vouloir vaincre sans combattre) mais nous ne nous battons pas pour la victoire, elle est acquise, nous nous battons à partir d’une victoire, nous combattons avec celui qui est vainqueur, le vainqueur de toutes nos batailles.

Nous espérons enfin que la mort n’est pas la fin, car si c’était le cas je comprend alors les attitudes de certains français, je comprend alors le primat de la santé sur la sainteté, je comprends alors le principe de précaution  plutôt que le risque de la vie, je comprends le besoin de sécurité plutôt que le gout de la liberté, mais nous croyons que la mort n’est pas la fin, nous savons qu’au bout du chemin un grand amour nous attend, nous espérons la vie éternelle, et cette espérance puissante donne un sens à notre vie.

C’est de cela que nous avons a rendre compte, c’est cette esperance qui est en nous, c’est de cette esperance que nous devons vivre

Mais comment rendre compte de cette espérance? 

Saint pierre nous dit « Soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l’espérance qui est en vous », ca veut donc dire que nous n’avons pas a imposer cette espérance, nous avons d’abord à vivre de cette espérance, car l’espérance ce n’est pas seulement pour la vie éternelle, l’espérance transforme la vie ici bas, notre vie quotidienne, alors « Ne parle de Dieu et d’espérance que si on t’interroge, mais vis de manière à ce qu’on t’interroge »

Notre espérance nous donne une perspective qui va au delà de vieillir seul dans un EPHAD en essayant de tenir le plus longtemps possible, non notre perspective c’est la vie éternelle une vie qui commence au baptême et qui ne finit pas avec la mort, vivre auprès de Dieu, être avec Lui pour toujours.  

Notre esperance nous appelle à ne considérer la santé comme un bien que si elle est pour la sainteté, car à quoi nous servirait la santé si nous ne sommes pas saints 

Notre esperance nous appelle à ne jamais baisser les bras devant l’échec, l’adversité, à ne jamais nous résoudre au « à quoi bon » car nous croyons en celui qui a vaincu la mort et qui nous a envoyé l’Esprit Saint, notre défenseur. 

Notre monde a besoin d’esperance, nous avons reçu cette esperance, à nous d’en vivre et d’en être les témoins.

 

Abbé Simon d’Artigue