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Homélie 27ème dimanche 2017 «Ils respecteront mon fils»

Homélie 27ème dimanche 2017 «Ils respecteront mon fils»

Vous aviez la loi évangélique : « si on vous frappe sur la joue droite tendez la gauche » : en ces temps de violence on aurait tendance à prendre cette loi désarmante pour de la faiblesse !

En un peu plus rude Vous aviez la loi du talion : on vous frappe sur la joue droite, vous ne discutez pas…vous décrochez un direct sur la pommette droite de votre agresseur, il faut se faire respecter, c’est une question de justice  !

Et en beaucoup plus rude vous avez… notre parabole du jour : on vient tranquillement, paisiblement vous demander de donner ce que vous devez et vous vous sortez l’artillerie lourde et vous alignez le pauvre gars : ça c’est la loi de la jungle !

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve que la réaction des vignerons est un peu disproportionnée ! Le pauvre serviteur, il vient juste pour réclamer son du (enfin même pas son du, celui de son maitre) et il se fait écharper !

Je veux bien croire qu’ils soient un peu verts que le maître de la vigne vienne leur réclamer leur travail, mais bon au fond c’est quand même normal, j’imagine que c’était prévu dans le contrat au départ.

Et puis ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord avec quelqu’un qu’on doit se sentir obliger de lui coller une trempe !

Il y a une manière humaine de se comporter : écouter ce que l’autre a à nous dire, puis éventuellement discuter le bout de gras ensuite.

Il y a même une manière chrétienne de se comporter : c’est d’accueillir avec bienveillance celui qui arrive, de poser sur lui un regard de bienveillance, de voir en lui non pas un ennemi ou un concurrent mais un frère, de l’aimer déja. C’est vrai que ce n’est peut être pas la manière habituelle de nous comporter aujourd’hui dans notre monde, dans la rue ou ailleurs peut être que nous avons plus tendance à soupçonner celui qui vient vers nous : « qu’est ce qu’il me veut celui là ? » « Qu’est ce qu’il a encore à me vendre ? » « je sais pas pourquoi mais je sens qu’il veut m’arnaquer », notre premier regard sur l’autre est bien souvent un regard de méfiance, un regard qui juge ou qui critique, un regard qui ne prend pas le temps d’accueillir.

C’est dommage, c’est dommage pour au moins deux raisons :

La première, que la méfiance nous fait nous replier sur nous même, elle nous empêche de nous ouvrir sur les autres, elle nous fait vivre dans la peur, barricadé derrière nos murs toujours plus hauts, nos certitudes et nos a priori toujours plus blindés ! Il n’y a qu’à voir dans nos villes et nos villages, tous ces nouveaux lotissements sécurisés, entourés de grillages de sécurité et de portail de garde. (vous voulez aller prendre l’apéro chez des amis, il vous faut le code de votre cadenas, celui de sa grille, de sa porte d’entrée, de son ascenceur…) La peur de l’autre n’est jamais bonne conseillère, la méfiance n’est pas un chemin de vie, c’est mortellement triste et dangereusement épuisant de se méfier de tout le monde.

La deuxième raison c’est celle que nous livre cette parabole, avant même de discuter les vignerons, agressent non seulement les serviteurs du maître, mais son fils aussi. Ce fils que le père avait envoyé en se disant : « ils respecteront mon fils »

Qui leur dit, qui nous dit que le Fils n’avait pas quelque chose de bon à leur proposer. Ils n’ont même pas pris le temps de l’écouter. Ils se sont dit s’il vient c’est pour nous prendre quelque chose ! Il est dangereux ce gars là ! Ce gars là dans la parabole c’est Jésus Christ, il ne vient pas pour nous prendre quoi que ce soit, il vient pour nous donner, pour tout donner, pour se donner !

Et les vignerons ? C’est peut être nous ? C’est nous en tout cas quand nous fermons notre cœur au Christ rédempteur, quand nous lui disons, non c’est bon j’ai tout ce qui me faut,  une tour, un pressoir, une cloture, une voiture, unemaison, une situation, dehors l’intrus !

Jésus viens vers nous non pas pour nous prendre, mais pour nous donner, commençons par l’accueillir, ne lui tombons pas dessus à bras raccourci, commençons par l’écouter : ce que vous avez fait ce matin, ce que nous faisons au début de chaque messe et ensuite ouvrez lui votre cœur, ouvrez le largement, généreusement, ouvrez le de manière à ce qu’il vous offre ce qu’il amène avec lui, ce qu’il est.

Les vignerons pensaient, qu’un champ, une muraille, une tour et un pressoir ça suffisait à faire leur bonheur, c’est pour ça qu’ils ont chassé le Fils que le Père leur envoyait, en le chassant, en fermant leur cœurs, ils ont oubliés que le bonheur il n’est pas dans cette tour ou cette muraille qui un jour s’effondreront, ni dans cette vigne qui elle aussi mourra, le bonheur il est dans ce que Jésus est venu nous apporter, ces trésors qui eux ne passent pas : la paix profonde, la joie parfaite, l’amour qui se donne, la force de servir….

«Ils respecteront mon fils» se dit le Père en envoyant son Fils, ce soir cette parole s’adresse directement à nous, Le Père céleste est sur le point de nous envoyer son Fils dans le sacrement de son corps et de son sang; avons nous conscience de la grandeur de ce moment? Sommes nous prêt à l’accueillir ?

Amen !

 

Abbé Simon d’Artigue 

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