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Homélie de Noël – Pourquoi Dieu s’est fait petit enfant plutôt que maître Jedi ?

Homélie de Noël – Pourquoi Dieu s’est fait petit enfant plutôt que maître Jedi ?

Depuis la nuit des temps, les hommes croient que Dieu est au ciel, que Dieu est immense, immensément loin de nous, très loin, là-haut, tout là-haut ; et du coup, les hommes cherchent à le connaître. Mais enfin, connaître quelqu’un qui ne parle pas, quelqu’un qu’on ne voit pas, c’est compliqué ; alors souvent, on l’imagine, on imagine comment pourrait être Dieu et on se le fabrique. Chacun se fabrique un Dieu d’ailleurs, son Dieu, un Dieu à sa taille et à son image. C’est toujours assez poétique, un peu vague aussi, très lointain surtout.

Oui, pour moi, Dieu, c’est comme une immense lumière, c’est une parcelle d’étoiles, une force, un esprit qui plane au dessus de nous, l’esprit de la nature, Dieu c’est un peu le progrès…

Et Dieu, il entend toutes ces idées qu’on a sur lui et il sait que tout ce qu’on dit de lui c’est assez approximatif. Ce n’est pas faux mais ce n’est pas suffisant et c’est tellement loin de ce qu’il est vraiment.

Du coup, pour ne pas nous laisser dans le vague, dans le doute, Dieu a décidé de se faire connaître, de nous dire qui il est ; et Dieu avait le choix au moment de venir sur terre, au moment de descendre sur terre, il avait le choix, (ben oui il est Dieu quand même), il aurait pu prendre la forme qu’il voulait, par exemple :

  • Il aurait pu s’incarner en Anakin skywalker, pour combattre le coté obscur de la force, mais il s’est dit « Non ça c’est déjà pris comme idée ! ».
  • Il aurait pu s’incarner en super héros, Batman par exemple, mais il ne voulait pas sauver seulement les habitants de Gotham city mais le monde tout entier, toi et moi qui avons eu le mauvais goût de naître à Toulouse (ou en tout cas ailleurs qu’à Gotham city).
  • Il aurait pu, par exemple, s’incarner en roi puissant, pour soumettre tous les hommes à son pouvoir et les convertir de gré ou de force, comme Daenerys Targaryen et ses dragons ; mais il s’est dit « non ça, ça ne me ressemble pas du tout, ce n’est pas comme ça que je veux règner, mes seules armes, ce sont l’amour et la vérité. »
  • Il aurait pu s’incarner en businessman qui a réussi et distribuer son argent généreusement pour se faire des disciples.
  • Il aurait pu s’incarner en père Noël bedonnant et distribuer des jouets aux enfants ébahis, mais il s’est dit « j’ai bien mieux à offrir que des play stations, call of duty, un hatchimal ou barbie et son cheval de rêve ; d’ailleurs, je ne suis pas venu pour vendre du rêve et du mensonge mais pour donner, pour donner ma vie, pour donner la vie. »
  • Il aurait pu s’incarner en orateur brillant, (je n’ose pas dire en politique ambitieux), un orateur qui sait parler, qui sait convaincre, qui sait faire des promesses ; mais là non plus, Dieu s’est dit « non ça ne me ressemble pas : ce que je crois, je le dis et ce que je dis, je le fais. Je n’ai fait qu’une seule promesse, c’est de vous sauver et cette promesse, je l’ai tenue. »
  • Il aurait pu s’incarner en psychologue ou en médecin pour venir soigner toute maladie ; mais là encore, il s’est dit « non la santé c’est trop peu ou, en tout cas, ce n’est rien sans la sainteté. Je ne peux pas promettre que la santé. »
  • Il aurait pu s’incarner en  mille autres personnages encore…

Mais il a choisi de s’incarner dans un enfant, un petit enfant. C’est désarmant comme idée, c’est fou comme idée. Il n’y a vraiment que Dieu qui pouvait avoir une idée comme celle-là ! Mais pourquoi est-ce que Dieu a donc décidé de se faire petit enfant, bébé même ? C’est étrange, voire un peu ridicule, en tout cas absolument inefficace. Qui ferait confiance à un enfant? Qui croirait la parole d’un enfant ?

C’est insignifiant un enfant et pourtant, ça change tout. Les parents le savent qu’un enfant ça change tout dans une vie, en joies et en bouleversements. Vous savez ce qu’on dit : « Petits enfants, petits soucis ; grands enfants, grands soucis.» Et ce soir, avec Jésus, on pourrait ajouter enfant de Dieu, non pas, immenses soucis (quoique  il va poser quelques soucis à ses ennemis) non pas immenses soucis, mais immense bouleversement.

Et c’est à ce bouleversement que nous invite Dieu, ce soir, devant la crèche. Vous pensiez venir ce soir pour être tranquille, alors je vais vous décevoir. Car cet enfant, ce petit enfant n’est pas venu pour nous laisser tranquille, il est venu pour nous bouleverser, pour transformer notre vie, notre manière d’envisager le monde et notre image de Dieu. Vous laisserez-vous bouleverser par ce petit enfant ? Vous laisserez-vous renverser par le choix de Dieu, de Dieu créateur du ciel et de la terre, du Dieu qui fit passer la mer rouge à pied sec à son peuple, de Dieu tout puissant, de Dieu petit enfant ?

Qu’apporte Jésus avec lui ? Contemplez la crèche, penchez-vous sur la crèche et regardez : il apporte tout, tout ce qu’apporte un enfant :

  • L’innocence de l’enfant
  • La fragilité de l’enfant
  • La simplicité comme un enfant
  • La confiance de l’enfant dans les bras de sa mère
  • L’amour infini de l’enfant pour ses parents
  • La paix de l’enfant endormi

Et nous pouvons tous accueillir cet enfant chez nous.

Il se trouve que ça: l’innocence, la fragilité, la simplicité, la confiance, le pardon, vous ne pourrez pas l’acheter ; ça, vous ne pourrez pas le trouver au marché de Noël ; d’ailleurs, ça ne s’achète pas ; ça se donne et il n’y a qu’une personne qui le donne : ce petit enfant, cet enfant Dieu dont le coeur déborde jusqu’à nous.

Et pour les recevoir ces cadeaux, il faut se faire un coeur de pauvre.

Il faut vivre avec Jésus, car là Noël, ce n’est que le début de l’histoire, mais ça va continuer.

Alors si il manque la paix dans votre vie, si votre vie est agitée, pleine de tumultes, une vie à 100 à l’heure, approchez-vous de Jésus, parlez lui chaque jour, chaque jour prenez quelques minutes avec lui dans la prière et il vous donnera sa paix.

Si votre vie manque de simplicité, si elle est trop pleine, épuisante, laissez-vous simplifier par ce petit enfant.

Si votre vie manque de fragilité ou si la fragilité, votre fragilité vous fait peur, que vous n’osez pas l’avouer (vous l’avouer) parce que nous vivons dans un monde où la faiblesse est une honte, où il n’y a pas de place pour le faible, où c’est même dangereux de révéler sa faiblesse, approchez-vous de ce petit enfant fragile. En lui réside la toute puissance de Dieu. Cette force, il veut nous la donner pour qu’elle habite notre faiblesse.

Si votre vie manque de pardon, parce que vous avez laissé votre coeur se durcir, du fait des coups reçus et donnés, du fait des pardons jamais demandés ou jamais accordés, approchez-vous de son coeur de chair, approchez-vous de lui qui est la source du pardon.

Si vous croyez que vous n’êtes pas aimés ou pas aimables, approchez-vous de la crèche et écoutez Jésus qui vous dit qu’il vous aime d’un amour infini et s’il s’est fait petit enfant, c’est pour qu’à votre tour vous puissiez l’aimer.

Parce que Dieu, notre Dieu ne veut pas être craint,

Dieu ne demande pas que nous lui soyons soumis,

Dieu ne veut pas être vénéré,

Dieu ne veut pas être étudié,

Dieu ne veut pas être obéi.

Dans cet enfant, dans ce tout petit enfant, Dieu nous dit qu’il veut être aimé.

 

Abbé Simon d’Artigue

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